L’ESTIMATION PROBABILISTIQUE DU TEMPS D’ORIGINE DES CÉTACÉS ET DE LA DIVERGENCE DES CÉTACÉS ET LES ARTIODACTYLES

Philip D. Gingerich et Mark D. Uhen

RÉSUMÉ

La continuité est importante lorsqu’on cherche à retracer les lignées evolutifs à travers le temps géologique. Des examples modernes d’Odontoceti et de Mysticeti peuvent être tracés jusqu’à l’Archaeoceti de l’éocène, et même jusqu’au Condylarthra mesonycienne. A l’intérieur de ce continuum commun, l’origines des Archaeoceti et des Cetacea est marqué par la première indication d’une transition évolutive de la vie terrestre à une vie aquatique semblable à celle des cétacés récents. Les Archaeocetes sont reconnus de plusieurs gisements éocènes fossilifères, d’environnements de marge marin et marin d’eau peu profonde, dispersés sur six continents. Ceux-ci s’étendent en âge du priabonien (éocène supérieur; ca. 36 Ma) jusqu’au yprèsien supérieur (éocène inférieur supérieur ; ca. 49.5 Ma), une étendue temporelle de 13.5 millions d’années, et ils sont distribués en Amérique du Nord (18 gisements), en Asie (8 gisements), en Afrique (8 gisements), en Australie (Nouvelle-Zélande; 2 gisements), et en Antarctique (1 gisement). Quarante-deux gisements peuvent être considérées comme étant des records statistiquement indépendants.

Avec ces données et une distribution modèle de la distribution d’échantillonage des fossiles potentiels, nous pouvons comparer les différents temps d’origine hypothètiques des archaeocetes en calculant les probabilités relatives pour chaque. La distribution du modèle de distribution inclut les changements des aires des affleurements de roches sédimentaires à travers le temps géologique ainsi que les changements des nombres d’archaeocetes durant leur diversication. Le temps d’origine de probabilité maximale des archaeocetes est determiné par l’âge du fossile le plus ancien, qui définit l’origine de l’étendue temporelle sans nécessité d’extrapolation. Les rapports probabilistiques de 0.5 et 0.05 sont associés, respectivement, aux probabilités de 0.5 ou moins et de 0.05 moins, et représentent les limites de confiance de 50% ou plus et de 95% ou plus. Une probabilité critique l = 0.05 définit l’extention maximale d’étendue temnporelle que nous pouvons nous attendre à trouver, et de celà nous estimons que l’origine d’Archaeoceti date au plus à 51.6 Ma - dans l’éocène inférieur.

Cinquante-six records indépendants de Mesonychidae et de Hapalodectidae retrouvés sur les trois continents septentrionals s’étendent de l’âge rupelien (oligocène inférieure; ca. 33 Ma) jusqu’à l’âge torrejonian (paléocène moyenne; ca. 63 Ma). Nous estimons que l’origine des condylarths mesonyciennes date au plus à 66.7 Ma (près de la transition crétacé-paléocène). Les artiodactyles, groupe-sœur des baleines modernes, ont un record fossilifère qui s’étend jusqu’au début de l’éocène, avec une histoire arctocyonien qui s’étend jusqu’au crétacé le plus supérieur. Le record fossilifère démontre une divergence entre Mesonychia+Cetacea et Arctocyonia+Artiodactyla au paléocène inférieur, ou vraisemblalement à la fin du crétacé.

Philip D. Gingerich, Department of Geological Sciences and Museum of Paleontology, The University of Michigan, Ann Arbor, Michigan 48109-1079, U.S.A.
Mark D. Uhen, Cranbrook Institute of Science, Bloomfield Hills, Michigan 48303-0801, U.S.A.

Mots clés: étendue stratigraphique, Cetacea, Mesonychia, Artiodactyla, Eocène

Copyright: Paleontological Society, 1 August 1998
Submission: 30 April 1998, Acceptance: 7 July 1998
http://palaeo-electronica.org/1998_2/ging_uhen/issue2.htm